À l’approche des vacances, une même interrogation traverse de nombreuses équipes : comment maintenir un niveau d’exigence éducative alors que la fatigue s’installe et que les repères habituels évoluent ? Face à des comportements plus fréquents de contestation ou de relâchement, la tentation peut être grande d’exiger davantage des jeunes au nom de leur responsabilisation.
Cette logique mérite pourtant d’être interrogée. La responsabilité ne se décrète pas. Elle ne naît pas d’une injonction et ne progresse pas parce que les conséquences deviennent plus sévères. Elle se construit progressivement, à mesure que le jeune comprend les liens entre ses choix, leurs effets et les réponses éducatives qui lui sont apportées.
C’est précisément pour cette raison que la responsabilisation ne peut être dissociée de la cohérence institutionnelle. Un jeune ne peut difficilement apprendre à répondre de ses actes si les attentes varient selon les adultes, si les conséquences changent d’une situation à l’autre ou si les décisions semblent davantage dépendre de la fatigue des équipes que des principes éducatifs. Avant de demander à un jeune d’assumer ses responsabilités, une institution doit rendre les siennes parfaitement lisibles.
Cette perspective modifie également la place de la sanction. Celle-ci ne constitue pas un moyen de produire artificiellement de la responsabilité. Elle intervient lorsque le cadre a été suffisamment explicité, que les conséquences étaient prévisibles et que le jeune disposait réellement de la possibilité de faire un choix. Sans ces conditions, la sanction risque davantage d’exprimer la réaction de l’adulte que de soutenir un apprentissage.
La fin d’année scolaire représente un moment particulièrement révélateur. Les équipes sont plus sollicitées, les organisations évoluent et les jeunes anticipent les changements à venir. Dans ce contexte, la qualité de la responsabilisation dépend moins d’un durcissement des réponses que de leur continuité. Plus les principes restent lisibles, plus les jeunes peuvent comprendre ce qui est attendu d’eux, même lorsque le fonctionnement quotidien s’adapte.
Responsabiliser consiste donc moins à exiger davantage qu’à accompagner progressivement l’accès à une plus grande autonomie. Cela suppose de rendre les règles compréhensibles, les conséquences prévisibles et les décisions cohérentes. C’est cette continuité qui permet au jeune de relier ses actes à leurs effets et d’intégrer peu à peu sa propre responsabilité.
Au fond, une institution n’éduque pas à la responsabilité parce qu’elle sanctionne. Elle éduque à la responsabilité parce qu’elle construit un environnement où chacun peut progressivement répondre de ses choix. Cette différence est essentielle. La première logique cherche avant tout à corriger les comportements. La seconde cherche à faire grandir la personne.
COEDO accompagne les institutions et équipes éducatives en Alsace, dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, en Moselle et plus largement dans le Grand Est, pour des besoins de remplacement, de soutien professionnel et d’intervention spécialisée.
Découvrir notre approche et nos services.
COEDO
Collectif d’éducateurs libéraux – Grand Est
Réflexions issues du terrain et du travail éducatif au quotidien.
COEDO – Tous droits réservés. Toute reproduction, même partielle, sans autorisation est interdite.
